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Mission de formation des infirmières juin 2014

de l’Hôpital d’OUDOMXAI

Deux infirmières Isabelle et Ophélie et un infirmier Jérémy partent le 19 juin 2014 en compagnie de notre Vice-Présidente Monique DE LANTY pour effectuer notre première mission de formation auprès des infirmières de l’Hôpital d’OUDOMXAI. Cette mission est conforme à la convention que nous avons passée avec les responsables de l’Hôpital. Leur intervention se décompose en apports techniques et pédagogiques le matin et en mises en situation l’après-midi. Leur retour est prévu pour le 12 juillet.

Bilan de la formation des infirmières à OUDOMXAY

La formation avait pour thème : les soins infirmiers aux urgences, en anesthésie et post-opératoires. Elle a duré 15 jours : du 23 juin au 04 juillet .

Ces thèmes avaient été choisis par les responsables de l’hôpital et étaient peu définis. Nous ne connaissions pas le niveau des personnes formées, le nombre de stagiaires à former et comment allait se dérouler la formation. En plus de la formation, nous avions pour objectif, d’entrer en contact avec le personnel hospitalier et d’observer afin de recueillir davantage de données pour les futures formations.

Trois infirmiers ont participé à cette formation : Isabelle, Jérémy et Ophélie. Si Jérémy et Ophélie se connaissaient, ce n’était pas le cas pour Isabelle. Ils se sont retrouvés 2 fois chez Monique avant de partir. Ils avaient pris plusieurs documents pour préparer la formation, mais en raison de l’imprécision de la demande, ils n’avaient pas de cours très précis.

Ils n’étaient jamais allés au Laos, d’où le fort dépaysement qu’ils ont connu tant au niveau du climat que de la culture, de la langue et de la nourriture.

La traduction de la formation a été faite en partie par Benjamin et surtout par DUANGTA.

Le premier jour de la formation a été un peu difficile pour nous. Nous nous sommes retrouvés dans la seule pièce de l’hôpital qui permet de regrouper plusieurs personnes avec des tables avec nappes, portraits d’Ho-Chi-Minh, Lénine et divers personnages de la révolution communiste au Laos.

Après l’accueil des responsables de l’hôpital, la distribution des médicaments qui a suscité de nombreuses questions de leur part, nous avons fait le point sur le déroulement de la formation :

Formation théorique le matinMise en pratique l’après-midi dans les services
Il n’a pas été possible d’éclaircir qui seraient les participants et combien d’heures chaque stagiaire serait présent chaque jour. Leur présence était liée semble-t-il à leur disponibilité. Les horaires ont été définis comme suit :

Matin : 8 H30 – 12 H.Après-midi : début 14 H. et fin lorsque le travail serait terminé…

Nous sommes donc partis dans le flou…

Une vingtaine de stagiaires est arrivée ensuite. Après les présentations réciproques, la formation a pu commencer. Le peu de réponses aux questions posées par les formateurs avec peu de participation des stagiaires ; le fait que DUANGTA, mandaté par les responsables de l’hôpital demande quel budget était prévu pour le salaire et la nourriture des stagiaires (ce qui n’avait pas été prévu, mais signé dans la convention) nous a laissés à midi déroutés et inquiets pour la suite. Heureusement l’après-midi, les soins faits avec les infirmiers se sont bien déroulés et des liens ont commencé à se nouer.

Devant le mutisme des stagiaires, nous avons décidé le soir d’illustrer les données théoriques de la formation par des mises en situation sur un mode ludique, ce qui a bien détendu l’atmosphère et rendu plus vivante la formation. A partir de là, la formation s’est bien déroulée.

La façon dont s’est déroulée la formation a été un peu déroutante pour notre esprit cartésien :

Horaires très aléatoires en fonction des réunions qui se tenaient dans la salle de formation et des visites des malades faites le matin.Nombre de stagiaires tout aussi aléatoire (de 5 à 20) en fonction des disponibilités de chacun et des impératifs de l’hôpital.La qualification des stagiaires qui allait des médecins à des élèves infirmiers en passant par des infirmières volantes et infirmiers des dispensaires.Le temps passé par chaque stagiaire à la formation. Certains ne sont venus qu’une matinée, voire même qu’une partie de la matinée, d’autres plusieurs jours… Tout cela rendait la formation théorique difficile puisqu’il fallait parfois reprendre des éléments donnés précédemment et préparer au jour le jour le contenu de la formation théorique. En revanche, le responsable des infirmières et quelques infirmières sont venus très régulièrement.
La difficulté à pouvoir mettre en pratique les données de la formation car il n’y avait pas toujours de situations le permettant. Cela d’autant plus que les visites se pratiquant le matin, il était bien compliqué de savoir quel malade était éventuellement concerné. Nous avons fait la proposition d’inverser le déroulé de la formation : théorie l’après-midi et pratique le matin suivant mais cela n’a pas été accepté.

Dans le domaine des soins, nous avons été perturbés par plusieurs constatations :

Pour nous qui sommes dans un souci d’hygiène permanent, le manque d’hygiène qui existe à l’hôpital d’OUDOMXAY (excepté au bloc opératoire) nous a déroutés. Les malades portent leurs propres vêtements qui ne sont pas changés ; les familles qui restent auprès des personnes soignées, dorment et mangent dans les chambres crachant leurs déchets au sol, touchant les plaies avec des mains mal lavées ; les couveuses n’ont jamais été lavées ; les fourmis allant sous le pansement de la perfusion d’une petite prématurée, se délectant du glucose de la perfusion.Autre sujet de perturbation : la non prise en compte de la douleur et la rudesse avec laquelle les soignants pratiquent certains soins. En effet, si sur le plan relationnel les soignants font preuve de beaucoup de gentillesse ; les soins sont pratiqués de façon rude et nous avons vu plusieurs malades crier et pleurer de souffrance sans que cela amène plus de douceur.Merci à Jérémy qui leur a démontré qu’avec un peu plus de douceur et de temps, un soin pouvait se dérouler de façon moins traumatisante.
Bien sûr, tout cela n’a pas été simple à gérer pour nous. Cependant, des apports ont été intégrés au cours de la formation, tant sur le plan pratique que théorique. Des relations se sont nouées tant avec le personnel qu’avec les responsables de l’hôpital.

Les responsables de l’hôpital nous ont exprimé leur satisfaction et le BACI de la fin de formation nous l’a montré. Le bilan est globalement positif et cette formation a ouvert le chemin pour d’autres formations.

Les demandes de formation des responsables de l’hôpital portent pour les missions à venir sur les thèmes suivants :

Maladies cardiaques.Pédiatrie et obstétrique.Opérations du rein.Opération des articulations (le visionnage au cours de la formation d’opérations de la hanche et de la clavicule ne semble pas y être pour rien).
Ces formations sont demandées pour des médecins. Nous proposons de former aussi les infirmières sur ces thèmes et indiquons que le sujet des prochaines formations sera la pédiatrie et l’obstétrique. En effet, il semble peut-être plus facile de trouver des formateurs sur ce thème.

Une convention est signée avec l’hôpital.

Cette première formation nous amène à plusieurs pistes de travail pour plus d’efficacité.

Mieux définir les modalités de la formation
:Définition plus claire du thème.Qualification des personnes à former.Nombre de stagiaires et temps de participation.Durée de la formation (15 jours semble long).Découpage entre théorie et pratiqueTravailler les règles d’hygiène quel que soit le thème de la formation.Eviter, autant que cela se peut, de froisser les susceptibilités des stagiaires. En effet, la non-réponse aux questions concernant leurs attentes ou l’affirmation de connaissances non acquises dans les faits, semblent bien venir du désir de cacher « qu’on ne sait pas » ; le refus en fin de formation, d’un responsable de l’hôpital d’accepter les médicaments donnés (ce qu’il a fait finalement lorsqu’il lui a été indiqué qu’il s’agissait de dons), sont des exemples qui démontrent combien il faut veiller à ménager les susceptibilités de chacun. Etre à l’écoute des stagiaires et ne pas les juger.Entre notre médecine hyperspécialisée et celle de l’hôpital d’OUDOMXAY qui accueille tous les malades d’une province, il y a un écart considérable. Nos habitudes de formation portent sur des pathologies, des symptômes, des traitements quand eux évoquent des cas particuliers. Nous synthétisons et généralisons alors qu’ils ont beaucoup de difficultés à le faire.

Veiller à ce que la traduction soit la plus exacte possible en utilisant des mots simples et des phrases courtes. Utiliser les images et la mise en situation.être vigilant à ne pas montrer des soins ou interventions de pointe qui, en raison des équipements et formations des personnels, ne sont pas possibles dans cet hôpital. En effet, il semble que certains pensent que nous pouvons leur procurer des formations qui leur permettraient d’y accéder (exemple des opérations des articulations).

Le groupe de formateurs