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Peuples et Montagnes du Mékong

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Chantiers

Toilettes sèches

Vue d'ensemble

Nous avons initié en 2011 un travail sur la réalisation de toilettes sèches à la demande des villages de BAN PAKEO (village HMONG) et de MUANG KHAM (village LAO).

Il se trouve que cette demande s'inscrit parmi les priorités du gouvernement Laotien qui souhaite fortement améliorer l’hygiène dans tout le pays.

Quoi de plus simple que de faire des toilettes me direz-vous ! Oui, en Europe ! Mais dans la forêt Laotienne c'est une toute autre histoire !

Nous avons donc réfléchit aux divers problèmes avec un cabinet d'architecte (Atelier DL), rencontré un fabricant français de toilettes sèches (Kazuba) et étudié les divers expériences d'autres associations ayant été confrontées aux mêmes problèmes, notamment dans les quartiers pauvres d'Afrique et d'Amérique du Sud.

Nous en sommes arrivés à un projet parfaitement réalisable au Laos, moyennant quelques adaptations de matériaux en fonction des villages et des moyens financiers à notre disposition.

Le budget « Toilettes sèches » d’un montant de 20 000 euros pourrait être pris en compte dans le cadre du mécénat d’entreprise.

Vue d'ensemble

Vue d'ensemble

Vue en Coupe

Chantier de BAN PAKEO - Janvier 2013

Nous sommes arrivés à LUANG PRABANG mardi 29 janvier, fatigués de notre voyage. Surtout l’attente à l’aéroport e Hanoï qui a été particulièrement longue. Toujours fidèle, LY nous attendait à la sortie de l’aéroport. Nous sommes allés à la guesthouse et presque traditionnellement nous avons mangé dans le petit restaurant en face de la rue. Pour terminer la soirée, nous sommes allés dîner sur les bords du Mékong.
LUANG PRABANG est plein de touristes ; beaucoup plus qu’en septembre. Nous trouvons aussi bien des jeunes routards avec leur sac à dos, que des retraités en recherche de quelques sensations. Beaucoup de nationalités sont aussi présentes : chinoises, sud-coréennes, japonaises, australiennes, anglo-saxonnes et enfin françaises…
Ici aussi c’est l’hiver. Il fait bon sans faire vraiment chaud : environ 28 degrés. Julien et moi, nous couchons dans la villa de Peuples et Montagnes du Mékong. Nous sommes comme chez nous et CHEUGLEE, un de nos étudiants parrainés, est vraiment très gentil. Nous avons aussi rencontré Ta qui va être notre guide pendant tout notre séjour. C’est une jeune femme très dynamique et très gentille. Elle est la petite fille d’un ministre du roi (avant la révolution).
Jeudi, nous sommes enfin partis à la recherche du nouveau village Hmong. Nous avons traversé le Mékong en pirogue et nous avons fait affaire avec un Tuk-Tuk qui a accepté de nous emmener jusqu’à un certain carrefour. Mais comme la piste était détrempée par une pluie abondante tombée toute la nuit, il a refusé d’aller plus loin. Nous avons poursuivi notre chemin à pied et nous avons marché pendant environ 15 kilomètres pour arriver à un village et nous rendre compte que ce n’était pas le bon. Cela nous a cependant permis de sympathiser avec la population locale et de rencontrer le Chef du village. Nous lui avons promis de revenir une journée au mois d’avril avec des médecins.
Après nous être restaurés d’une bonne soupe de nouilles, nous sommes repartis à la recherche de notre nouveau village HMONG avec l’aide cette fois-ci d’une personne qui avait bien compris ce que nous souhaitions. Avec son Tuk-Tuk, nous avons pris une autre piste mais hélas, elle s’est trouvée impraticable à cause de la boue. Pire qu’à Val-Thorens avec la neige… Retour dans la soirée à LUANG PRABANG et recherche d’un restaurant à la portée de notre bourse…
Aujourd’hui lever progressif, surtout du côté des vieux ! Visite du musée ethnologique, du Palais Royal et de plusieurs temples. C‘est une journée touristique, une première approche de la ville. Ce soir, nous allons manger une bonne fondue laotienne…
Demain matin, nous partons pour OUDOMXAI et BAN PAKEO. Donc pas de nouvelles pendant plusieurs jours mais comme dit le dicton : pas de nouvelles, bonnes nouvelles…
Samedi 2 février :
Nous partons comme prévu pour OUDOMXAI. Le bus est antédiluvien. Il est bondé ce qui oblige les responsables à mettre des tabourets dans l’allée centrale. Des sacs de riz sont à nos pieds ce qui nous fait monter les genoux à la hauteur du menton. Tout déplacement en bus dans le Nord du Laos, est une aventure. Nous mettrons 6 heures pour faire 200 kilomètres ce qui est presque un exploit en comparaison du temps nécessaire pendant la saison des pluies. Le bus s’arrête en chemin régulièrement pour nous permettre d’effectuer nos petits besoins et nous mangeons une soupe à mi-parcours. Arrivée à OUDOMXAI vers 16 heures où nous prenons possession de notre guesthouse. La chambre sent le moisi et le sommier du lit a rendu l’âme.
Nous rendons visite au père de LY et à ses sœurs qui nous invite à dîner. Nous distribuons les cadeaux aux filles et aux deux petits garçons. L’amie de LY est présente et je lui transmets son cadeau qu’elle accepte en rougissant. Sont également présents l’oncle et le cousin de LY.
Le dîner frugal est composé de riz gluant et de pousses de bambous. J’observe Jacques et Max, peu habitués à ce genre de repas. L’atmosphère est amicale et le père de LY est désolé de ne pas pouvoir nous accueillir de meilleure façon. Nous lui disons bien évidemment que nous sommes très satisfaits et honorés de cette invitation. Cette famille vit en fait dans une très grande précarité. L’année dernière, nous avons eu très peur pour les deux petites filles (12 et 11 ans) qui sont restées seules pendant plusieurs mois. Après le dîner, nous rentrons à la Guesthouse, la ville d’OUDOMXAI n’ayant que peu d’intérêt.
Dimanche 3 février :
Le camion de TIASENGLY (le fondateur du village de BAN PAKEO) vient nous chercher vers 10 heures 30. Nous allons ensemble au marché pour acheter quelques provisions. Il y a environ 60 kilomètres par une route goudronnée pour aller jusqu’au village de MUANG BENG, puis 18 kilomètres de piste pour arriver jusqu’à BAN PAKEO. L’année dernière, nous avions été obligés de mettre les chaines pour continuer à progresser dans la boue ! Nous mettrons 2 heures pour arriver jusqu’à BENG où nous nous arrêtons pour manger une soupe. Puis, nous mettrons une bonne heure pour monter jusqu’à BAN PAKEO.
L’accueil est naturellement chaleureux. Nous sommes répartis dans trois maisons pour l’hébergement. Pour ma part, je suis accueilli avec Julien chez TIASENGLY. Nous nous appellerons plus tard « ami». Sa maison est comme toutes les maisons HMONG. Elle est toute en longueur, faite de planches de teck et de chaume. Il n’y a pas de fenêtre. Seulement deux portes ; une de face dite porte des femmes et une autre sur le côté dite porte des hommes. C’est d’ailleurs par cette dernière que les mauvais esprits peuvent rentrer. Le sol est en terre battue et dans un coin un feu de bois brûle en permanence. Nous coucherons avec Julien sur un treillis de bambou dressé à environs 5O centimètres de hauteur.
Dans la soirée, nous recevons le camarade de Lycée de LY qui est architecte et qui est censé nous aider. Il a chiffré le montant du chantier à 23 millions de Kips. Nous refusons ses services devant le montant énoncé. A notre avis, il devait se payer sur le montant des fournitures.

Lundi 4 février :
Les villageois ont fait le trou pour les toilettes sèches. Il faut cependant l’agrandir ce qui sera le travail de Julien et de quelques villageois. Il est aussi mal orienté ce qui fait que les portes d’entrée tourneront le dos au village, ce qui est peu pratique mais néanmoins utilitaire, le soleil devant chauffer les plaques des toilettes sèches.
Nous descendons à quelques-uns pour acheter le matériel de construction des toilettes et pour changer de l’argent. Premier problème, les deux banques locales de BENG refuse de changer notre argent. Ils veulent bien des dollars mais pas des euros ! Décidemment, ils n’ont pas encore compris les subtilités de la finance capitaliste, l’euro montant et le dollar descendant…
Devant cette impossibilité de changer, nous sommes obligés d’aller dans une ville qui se situe à 30 kilomètres de BENG. Là surprise agréable pour nous (pas pour nos exportations), l’euro est à 107OO kips, soit une augmentation de 300 kips par euro depuis notre arrivée.
Nous essayons de faire malin pour nos achats. Avec l’aide de nos amis Hmong, nous achetons les moellons directement à la fabrique et nous décidons d’aller chercher le sable et les galets directement dans la rivière. Nous achetons également de la ferraille, du ciment, de la tôle ondulée pour les besoins de notre chantier.
Après nos achats, nous sommes allés nous présenter au Chef de district qui nous a offert le thé. Dans la foulée, nous avons été reçus par la police qui s’est livrée à un interrogatoire discret mais interrogatoire quand même ! Quelle était notre association ? Quels étaient ses objectifs ? Qui était le Président ? (Je me suis fait un plaisir de dire que c’était une Présidente) Quels étaient nos donateurs ? Pour tout dire, nous avons senti un peu de parano… Non, nous ne sommes pas des espions à la solde de la CIA, uniquement ici pour fomenter une nouvelle révolte avec les ethnies minoritaires. Nous ne sommes que des petits français, amoureux du Laos, sans ingérence politique et nous n’avons pas d’autres ambitions que d’aider les plus démunis à la mesure de nos possibilités !
Après cette visite très sensible diplomatiquement, nous sommes allés à l’Hôpital du district pour rencontrer le Médecin Chef. Nous avons été reçus par un homme courtois et attentif à ce que nous lui disions. Nous avons convenu de lui présenter l’équipe médicale française qui viendra au mois d’avril et de travailler en étroite collaboration. Il nous a d’ailleurs proposé de mettre une infirmière à notre disposition. Deux précautions valant mieux qu’une, il nous a demandé de pouvoir contrôler les médicaments que nous distribuons ! (Par peur que nous empoisonnions la population ?).

Mardi 5 février :
Il est 6 heures 30 du matin. Le jour se lève à peine et le ciel est encore brouillardeux. Une musique enjouée attire notre attention, suivit d’un discours qui appelle les habitants du village à venir participer au chantier. Des hommes et des femmes arrivent munis de seaux, de pelles et de paniers. Un homme plus bricoleur que les autres a même construit un petit chariot qui nous servira à transporter les sacs de ciment. Jacques prend la direction du chantier et les Hmongs présents suivent ses consignes. Les femmes travaillent dures. Elles sont habituées à mener des tâches difficiles et harassantes. Certaines ont gardé la coiffe traditionnelle. Elles travaillent avec leur enfant dans le dos, sous le regard de quelques hommes qui sont là en spectateur. Ce sont elles qui brassent le mortier pour faire le fond de la cuve. Jacques donne la priorité à la fabrication des poutrelles pour la dalle de dessus. C’est son choix. Les participants préparent et découpent la ferraille pour renforcer le béton. Julien travaille. Il investit totalement le chantier. Il échange avec Jacques et ses avis semblent pertinents. Ta ne fait pas que l’interprète. Elle participe aussi à sa manière au chantier. Elle y met toute sa spontanéité et sa bonne humeur. Elle sait faire rire tout le monde. Elle a une âme de Chef et quand les garçons ne font rien, elle les engueule. Elle a aussi une bonne compréhension des problèmes techniques.Nouvel appel dans l’après-midi pour la reprise du chantier. C’est le moment le plus difficile de la journée car il fait très chaud. Le soleil nous cuit. Il n’y a pas un souffle d’air.
Les enfants courent, nus. Ils jouent sur le sable, s’amusent, rient et pleurent. J’espère qu’ils ne pensent pas que nous construisons un château de sable !
Le chantier s’arrête à la demande d’une famille qui nous invite à la cérémonie du BACI. En effet, le chaman a officié toute la nuit pour contrer les mauvais esprits qui s’étaient emparés d’une personne âgée. Vérification faite, le chaman a dû être efficace car la patiente semblait se porter normalement…
Mercredi 6 février :
Le village de BAN PAKEO comprend 930 habitants répartis en une communauté HMONG et deux communautés KHAMU répartis dans des hameaux différents.
La population se décompose de la façon suivante :De 0 à 5 ans, il y a 181 personnes.De 6 à 14 ans, il y a 254 personnes.De 15 à 24 ans, il y a 202 personnes.De 25 à 40 ans, il y a 166 personnes.Et au dessus, 127 personnes.L’école de BAN PAKEO n’est ouverte que depuis 3 ans avec à sa tête un professeur responsable qui semble dynamique. Les villageois semblent avoir compris l’intérêt de l’école pour leurs enfants.
Il y a 232 élèves à l’école primaire et secondaire, dont 97,6 % de garçons scolarisés et 98,6 % de filles (mais oui !). Par contre beaucoup de filles interrompent leur scolarité vers l’âge de 15 ans du fait de leur mariage.

Le réveil se fait comme d’habitude à 6 heures 30 par les haut-parleurs. La nuit a été particulièrement froide. Nous nous séparons en deux groupes : Jacques et Max s’occupent des ruptures de la canalisation d’eau et Monique, Ta, Julien et moi-même partons à MUANG HOUN à une cinquantaine de kilomètres, acheter le matériel manquant. Il est impossible de trouver un tuyau d’aération de 0,20 cm et de 4 mètres de long. La seule solution consiste à le faire venir d’OUDOMXAI par le bus. Ta s’en occupe en téléphonant à un de ses amis.
A MUANG HOUN, nous avons fait découper les plaques de fer pour les trappes, les grilles et les cornières. Nous avons également acheté les deux toilettes en faïence avec leur évacuation et trois raccords de 0. 60 cm pour la canalisation d’eau. Nous avons déjeuné sur place d’une bonne soupe et acheté des claquettes pour Jacques…
Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtés à une scierie pour faire découper des traverses pour le toit des toilettes et deux portes.
De retour à BENG, le tuyau d’aération nous attendait !
En arrivant au village, nous apprenons que l’eau est coupée suite à une rupture étrange de canalisation. Les raccords de 0.60 cm que l’on nous avait demandé d’acheter sont trop grands. Il fallait des raccords de 0.50 cm. Le Chef du village retournera en acheter demain matin à la première heure. En attendant, le village est sans eau, ce qui semble faire rire le Chef du village. J’admire leur façon détendue de prendre en compte les problèmes qu’ils rencontrent. Au fond, rien n’est grave. Seules des petites fille de 9-10 ans descendent à la rivière avec leur seaux qu’elles remontent lourdement selon la technique traditionnelle du balancier.
Dîner chez le Chef de village de saucisses sucrées, de riz traditionnel et de pâtes.

Jeudi 7 février
Toujours notre réveil communautaire adoubé des habituelles consignes. Vers 8 heures, nous nous dirigeons vers la fosse. Jacques distribue ses consignes et met en œuvre tous ses talents pour étalonner les murs de la dite fosse. Le temps passe mais le résultat est significatif sous le regard interrogatif et dubitatif des villageois. Il s’avère déjà que les plans de Fabien l’architecte ne seront pas respectés. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ! Jacques propose de reposer les grilles sur des parpaings couchés en équilibre sur des murs de 10 cm au lieu de monter une double rangée comme indiquée sur le plan. On verra plus tard comment ces parpaings se sont effrités, voire cassés d’ailleurs au premier choc ! Nous sommes quelques-uns à penser qu’il faudrait s’y prendre autrement mais notre incompétence ne nous autorise pas à avoir un avis, même celui de simple observateur. Nous n’avons pas la parole. Il serait sans doute préférable de laisser les villageois construire à leur manière.
Bien sûr, tout cela révèle quelques tensions parmi nous que l’on peut justifier par la volonté de chacun d’entre nous de vouloir bien faire.
Dans la matinée, un groupe d’habitants est monté jusqu’au torrent pour rétablir l’eau du village. Leur travail s’avérera efficace.
L’après-midi voit se poursuivre le chantier. Les femmes continuent à brasser du béton et les hommes à regarder. Jacques est retenu avec le soudeur venu au village pour faire les encadrements des grilles des toilettes. Celui-ci ne terminera d’ailleurs pas son travail, prétextant qu’il est retenu dans la vallée mais restant quand même dîner avec nous. Il ne reviendra pas non plus samedi contrairement à ce qu’il avait dit. Nous savons que le chantier ne pourra pas se terminer avant notre départ.
Après cette journée de travail, nous décidons de faire notre toilette et de nous baigner dans la rivière.
Le soir, TIASENGLY organise en notre honneur un BACI. Il y a pas mal de monde autour de nous. L’officiant fait ses incantations, chasse les mauvais esprits de notre corps et fait entrer les bons. Sur le plateau du BACI, deux poulets que nous mangerons, sont présentés aux esprits par quelques va-et-vient vers le ciel. Enfin les participants, nous lient plusieurs fils en coton autour des poignets en nous souhaitant bonheur et prospérité. Au delà de la cérémonie, les échanges sont chaleureux, amicaux et pleine d’émotion. L’amitié y est célébrée. Nous sommes un peu des citoyens du monde.

Vendredi 8 février
Continuation du chantier. Les doutes exprimés la veille sont toujours présents. Les poutres qui ont été démoulées sont en mauvais état. Elles s’effritent. Elles ne semblent pas pouvoir tenir. Elles manquent de ciment et elles ont trop de sable.
Monique, Ta et le Chef du village sont allés rencontrer le Directeur de l’école pour vérifier la façon dont on pourra installer les médecins au mois d’avril. Il était en train de préparer la fête du Nouvel An avec ses collègues. Rencontre inattendue mais intéressante. Dans les échanges avec Monique, il a fait émerger des besoins spécifiques à l’école. A savoir, installer des toilettes sèches, amener une conduite d’eau jusqu’à l’école et recevoir du matériel scolaire. Pour les toilettes, il faudra attendre un peu mais pour la conduite d’eau, nous avons donné ce qu’il fallait pour qu’elle soit installée rapidement. Des fournitures scolaires leur seront livrées au mois d’avril. Ce professeur s’est montré curieux des activités de l’association et il fera certainement un bon partenaire. Il a dit d’ailleurs se renseigner sur la possibilité de créer un trek (un peu sportif) de 4 jours qui relierait BAN PAKEO aux rives du Mékong, puis à LUANG PRABANG. A étudier !
Rencontre également d’un infirmier qui nous apprend qu’ils sont deux au Centre de santé. Il propose de s’associer à notre mission médicale.
Dans l’après-midi, Jacques, Ta, Monique et Max sont descendus à BENG pour finir les soudures que l’autre n’avait pas achevées. Ils devaient également rapporter des sacs supplémentaires de ciment et aller chercher les portes que nous avions commandées à la scierie. Les soudures qui devaient se faire en une heure se sont faites en plus de cinq heures et quant aux portes, elles n’étaient naturellement pas prêtes. Un employé de la scierie s’est engagé à nous les livrer le lendemain.
Retour au village à la nuit.

Samedi 9 février :
Ce matin deux pôles d’intérêt importants : le chantier et une rencontre avec les habitants du village qui souhaitaient échanger autour de leurs problèmes de santé. 50 personnes dont un Khamu et sa petite fille ont été reçues individuellement par Monique et Ta qui faisait la traduction. C’est un travail important d’écoute et de recueil d’informations. La traduction n’a pas été toujours facile car il fallait parfois passer du Français au Lao puis au Hmong, ce qui suppose deux interprètes. Le Chef de village est apparu très impliqué dans cette démarche. Monique est chargée de nous faire une synthèse des problèmes exprimés pour les présenter à nos amies médecins.
Pendant ce temps là, un drame se dessinait sur le chantier. Jacques nous a demandé d’installer les poutrelles sur leur emplacement définitif afin de faire la chape des toilettes. Las, la première poutrelle s’est tout de suite cassée en deux ce qui pour le moins est apparu comme un mauvais signe. Nous restons dubitatifs. Avec mille précautions, nous sommes arrivés à en installer une ce qui en soit n’est pas forcément une victoire ! Mais quelques instants plus tard, alors que Jacques faisait une tentative d’équilibrisme sur ladite poutre, celle-ci s’est cassée (sous le poids de Jacques ?) et Jacques a été précipité dans la fosse entraînant avec lui divers gravas. Nous avons eu peur pour lui et il aurait pu se faire très mal. Mais en bon équilibriste, il a su retomber sur ses pattes. Courageux, il a dit qu’il n’avait rien mais nous ne l’avons cru qu’à moitié…
Le spectacle est désolant. Je suis consterné. Nous n’aurions jamais dû en arriver là. Nous avons fait preuve de suffisance et d’un manque de modestie. Les villageois sont gentils et compatissants mais nous savons qu’ils n’en pensent pas moins. Les français savent tout et sont des donneurs de leçon. Je pense un moment dire tout ce que j’ai sur le cœur mais je sais que cela ne sert à rien. Je me tais.
Naturellement le chantier s’arrête. Un peu de béton est refait pour terminer la troisième ceinture de la fosse et les grilles sont peintes mais pas la fosse. Pour nous sauver la face, le Chef du village nous affirme qu’il va terminer les travaux « à leur manière » et que tout sera terminé pour notre prochaine visite au mois d’avril.

Plusieurs constats et observations peuvent être tirées du chantier qui doivent nous servir de leçon pour la suite :Le chantier est réalisé à 50 % mais le plan initial n’a pas été respecté.Le circuit d’eau a été réparé et nettoyé.Les conduites d’eau destinées aux toilettes sèches et à l’Ecole ont été achetées.Il serait préférable de bâtir la fosse à partir de 6 piliers, ce qui permet de monter les moellons plus facilement.Une semaine de chantier est nettement insuffisante. Il fau tenir compte du temps de séchage qui est long dans un climat humide.Les matériaux sont loin et demandent beaucoup de temps de transport.Il faut davantage s’appuyer sur la compétence et le savoir-faire des habitants.Il faut définir une logistique qui permette de pré-fabriquer à l’avance un certain nombre d’éléments (grilles, trappes, conduit d’aération), à condition bien sûr de respecter scrupuleusement le plan.Ce premier chantier a toutefois été une expérience enrichissante qui nous permettra de travailler pour les prochaines toilettes dans de meilleures conditions et d’avoir une meilleure idée de ce qu’il faut faire. Nous avons acheté le matériel manquant pour que les travaux soient achevés pour le mois d’avril.

Nous avons acheté un cochon pour fêter notre départ de BAN PAKEO. Tout le village était présent. Nous avons été chaleureusement remerciés pour l’aide apportée mais aussi pour notre facilité à s’adapter et à respecter leur mode de vie. J’ai retrouvé là cette ambiance communautaire et la soirée s’est achevée sur nos discours d’amitié.





Quelques histoires Hmong :Les Hmongs doivent respecter les esprits.Il ne faut pas rentrer dans une maison HMONG avec une canne car cela porte malheur.Il y a deux portes dans les maisons HMONG : la porte des femmes qui est celle de tout le monde et sur le côté, la porte des hommes qui est aussi celle des mauvais esprit. D’où la nécessité de faire figurer par un dessin, un bon esprit qui empêche les mauvais de pénétrer dans la maison.On ne peut pas pénétrer dans une maison HMONG avec un animal. Sinon, on le mange.Une femme enceinte ne peut pas passer au dessus d’une flaque d’eau car elle risque une fausse couche.Une femme qui vient d’accoucher ne peut pas pénétrer dans une autre maison HMONG avant 1 mois et demie. Les filles vont habiter chez les parents de leur mari et la famille de la fille reçoit une dote. Les fils peuvent, soit continuer à habiter chez leurs parents, soit construire leur maison.C’est le chaman qui indique le bon emplacement pour construire la maison. Une cérémonie est toujours faite avant le début des travaux.

Vidéo du chantier de Janvier 2013